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Nord-Pas-de-Calais: les pêcheurs redoutent le développement de l'éolien offshore

BFM Grand Littoral Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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L'édification d'une cinquantaine de parcs en mer, annoncée jeudi par Emmanuel Macron, fait craindre à la filière une réduction des accès aux zones poissonneuses et une chute de leur chiffre d'affaires.

Entonnées à Belfort, les paroles d'Emmanuel Macron ont résonné jusque sur le littoral. En visite dans des usines de General Electric jeudi, le président a annoncé un retour en grâce du nucléaire, avec la construction prochaine de nouveaux EPR de deuxième génération sur les 15 prochaines années. En attendant, Emmanuel Macron entend développer le solaire et l'éolien, avec l'édification d'une cinquantaine de parcs en mer.

Cette perspective inquiète les pêcheurs du Nord et du Pas-de-Calais. Ces derniers craignent que ces constructions perturbent leur activité, déjà restreinte par les manques de licences et l'explosion des prix du carburant.

"Déjà, en Manche, on n'a pas beaucoup d'espace. La mer est très étroite, pointe Olivier Leprêtre, président du Comité régional des pêches maritimes des Hauts-de-France, au micro de BFM Grand Littoral. (...) Les bateaux sont interdits de passer entre chaque éolienne, donc ça prend beaucoup de place en mer."

Jusqu'à 30% de perte de chiffre d'affaires

L'intéressé redoute particulièrement l'installation d'ici à 2023 du parc éolien du Tréport, dans les eaux du Pas-de-Calais. "Il faut savoir que c'est l'une des zones les plus poissonneuses de la Manche, justifie-t-il. Grosso modo, un pêcheur peut perdre jusqu'à 30 % de son chiffre d'affaires."

Olivier Leprêtre craint également, au même titre que bon nombre de militants écologistes du littoral, l'impact de l'éolien off shore sur les sols marins, avec "un véritable bétonnage et des milliers de câbles enfouis", quand d'autres pointent le risque de voir le paysage défiguré ou certaines espèces animales menacées.

Une "logique de décarbonation"

C'est derrière ces craintes conjuguées que se sont unies plusieurs associations opposées à l'édification de 46 éoliennes sur 50 km2 au large du Dunkerquois. Malgré la contestation, le projet aboutira finalement d'ici à 2027, la ministre de l'Environnement ayant apposé une fin de non-recevoir à toute demande de référendum local.

"L'éolien offshore est vital" dans une "logique de décarbonation", une "énergie très compétitive", "incontournable pour atteindre l'objectif de 40 % d'énergie renouvelable dans notre mix électrique en 2030", avait souligné Barbara Pompili en mai dernier.

Pas de quoi apaiser le mécontentement des opposants à l'éolien off shore. Les pêcheurs, indique Olivier Leprêtre, n'excluent pas des actions pour faire entendre leur inquiétude.