Lille: Darmanin demande à Telegram de fermer un groupe d’extrême droite projetant des actions violentes

Gérald Darmanin, le 30 juillet 2022. - THIERRY ZOCCOLAN - AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a demandé à la messagerie cryptée Telegram de fermer des boucles de discussion utilisées par un groupe d'extrême droite "FRDETER" qui y échangeait, selon lui, propos racistes et appels à la violence, a appris l'AFP lundi dans l'entourage du ministre.
Des suites judiciaires étudiées
"Sur instruction du ministre, un signalement, via la plateforme Pharos, a été adressé lundi à Telegram", a précisé l'entourage, ajoutant que Gérald Darmanin avait demandé "aux services de travailler aux suites judiciaires à donner, en lien avec l'autorité judiciaire".
Ces groupes Telegram, sous surveillance depuis "fin 2022", "comptent plusieurs centaines de comptes", a détaillé à l'AFP une source policière. Parmi ses utilisateurs, "certains profils étaient déjà connus des services de renseignement", a ajouté cette source.
La France insoumise (LFI) a estimé dans un communiqué que ces informations étaient "extrêmement inquiétantes".
"Des militants d'extrême droite semblent avoir utilisé ces boucles pour planifier au moins une attaque contre nos compatriotes musulmans lors de la rupture du jeûne du Ramadan", affirme LFI qui évoque également des "appels au meurtre" et à des actions violentes "ciblant des 'arabes', des 'noirs' et des élus de gauche".
Une action violente envisagée à Lille
L'existence de ces groupes de discussion a été révélée sur Twitter pendant le week-end par le compte Tajmaât, qui se présente comme une "plateforme collaborative pour les Maghrébins".
Tajmaât a diffusé plusieurs captures d'écran des boucles de discussion du "groupe nationaliste français Deter" (déterminés, ndlr) où les utilisateurs échangent des propos racistes et des appels à des actions violentes notamment dans le quartier de Wazemmes à Lille le 13 avril, lors de la rupture du jeûne.
À la suite de cette menace "véhiculée par la messagerie Telegram", la préfecture du Nord a indiqué ce lundi sur son compte Twitter prendre "en compte ce signalement".
La maire de Lille, Martine Aubry, a également indiqué ce lundi avoir "immédiatement communiqué ces éléments au préfet" après la découverte de ces "messages de menaces".
Elle ajoute agir "systématiquement pour ce type de messages explicites et haineux" ajoutant attendre que le préfet du Nord prenne "toutes les mesures nécessaires".
Parmi les utilisateurs, "certains se prévalent de la qualité de militaires ou de fonctionnaires de police, mais cela reste à démontrer car beaucoup de ces comptes n'ont pas encore été identifiés", a précisé la source policière à l'AFP.
Selon cette source, ces boucles ont "d'abord été constituées pour servir de plateformes d'échange d'idées identitaires, pour permettre aux sympathisants de ces idéologies de se retrouver par région".
"C'est ensuite que des profils plus violents et extrémistes sont apparus sur ces boucles, suscitant d'ailleurs parfois la désapprobation d'anciens membres. C'est cette dérive vers les appels à la violence qui a justifié l'attention des services", a-t-elle encore dit.
"Toute la lumière doit être faite au plus vite par Gérald Darmanin et (le ministre des Armées) Sébastien Lecornu sur la participation suspectée de policiers et de militaires à l'organisation de ces boucles Telegram", a ajouté LFI dans son communiqué. Contacté par l'AFP, Telegram n'avait pas donné suite immédiatement.













