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"C'est dur comme du caillou": dans le Nord-Pas-de-Calais, les agriculteurs dans le flou à cause de la sécheresse

BFM Grand Lille Livia Santana avec Arthus Vaillant
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Après un mois de mars historiquement sec dans le Pas-de-Calais, les agriculteurs font face à des sols particulièrement arides et craignent pour leurs cultures.

Le mois de mars, qui a été particulièrement sec dans le Pas-de-Calais, inquiète les agriculteurs. Selon les premières prévisions de la branche locale du syndicat agricole FDSEA, 10% à 15% de pertes sont attendus.

À Boiry-Sainte-Rictrude, l'agriculteur biologique Jérôme Laloux a planté des petits pois sur huit hectares. La terre aride, qu'il ne peut que constater, rend sa production très incertaine. "Les petits pois sont dans le sec. Ils n'ont plus la fraîcheur du sol pour germer", détaille-t-il.

"On est bien obligé de semer pour respecter les dates de semis alors on attend la pluie désespérement."

Un record de faibles précipitations

Sur la période s'étalant du 1er mars au 9 avril, il n'est tombé en moyenne que 11 mm de pluie sur les Hauts-de-France.

Du jamais vu depuis le début des relevés météo en 1959. Le précédent record de faibles précipitations remontait sur cette période à l'année 1997 avec 20 mm.

Des épisodes "beaucoup plus marqués"

Installé depuis cinq ans sur la commune, Jérôme Laloux constate les effets du réchauffement climatique. "Il y a des épisodes de sécheresse beaucoup plus marqués." Ces derniers ne sont pas les seuls aléas climatique qui peuvent mettre en péril sa production.

L'agriculteur note également "des épisodes de précipitations beaucoup plus marqués où la pluie tombe beaucoup plus violemment". Cette pluie "n'a pas le temps de rentrer correctement dans le sol et de pénétrer dans le sol et ça engendre tout un tas de problèmes comme de l'érosion, du ruissellement et des coulées de boue", précise-t-il.

Pomme de terre, orge, endive ou betterave, la sécheresse intervient dans une période de grande activité pour l'agriculture. "Il ne faut pas que le temps continue comme ça jusqu'au mois de juin", déplore Benoit Raux, président de l'antenne départementale de la FDSEA.

"Si nous avons les mêmes conditions jusqu'à juin, ce sera très critique", prévient-il, évoquant des "pertes de rendement" et de "gros problèmes pour les cultures de printemps".