BFM Business

La pénurie de plastiques fait craindre des tensions sur les tests Covid-19

BFM Business Thomas Leroy , Journaliste BFM Business
placeholder video
Certains transformateurs doivent suspendre une partie de leur production.

Les tests Covid sont-ils menacés par une pénurie de plastique ? Ce matériau est indispensable au secteur médical mais la filière de la plasturgie manque cruellement de matière première. Les entreprises de transformation de plastique sont même au bord de la paralysie.

En réalité, le secteur tire la sonnette d’alarme depuis le mois dernier avec des retards de livraison: jusqu’à 3 mois pour certains types de plastiques. Des PME ont même dû mettre à l’arrêt des lignes de production.

Les fournisseurs de plastique comme Total ou Ineos, eux, invoquent des cas de "force majeure" pour s'autoriser à suspendre la production et donc la livraison des matières premières. Début d'explication : la demande en Asie est remontée en flèche ces derniers mois tandis que le cours du pétrole est reparti à la hausse depuis l'automne 2020. Les producteurs font aussi état de difficultés techniques alors que certaines machines ont été arrêtées l’année dernière.

"Le fait que ce soit une force majeure les dégage totalement de leur engagement" souffle Jean Martin, DG de Polyvia, syndicat professionnel de la filière plasturgie et composites, invité sur BFM Business ce lundi. "En revanche, les entreprises en aval (…) se retrouvent en grande difficulté par rapport à leurs clients."

La situation n'est pas nouvelle. En 2010 puis en 2015, des pénuries avaient déjà touché le secteur. L'argument de la "force majeure" est d'ailleurs un sujet de controverse au sein de la filière depuis plusieurs années puisqu'elles autorisent les fournisseurs à outrepasser les conditions des contrats commerciaux.

Pour le moment, l'heure n'est pas encore à la paralysie. Mais la sonnette d'alarme est tirée pour éviter des pénuries sévères, notamment de tests PCR. "Un certain nombre d'entreprises de notre branche ont fait des investissements (…) et sont dans l'attente de pouvoir les produire" prévient Jean Martin.