Gel, pluie, températures instables: vers une année noire pour le miel français

Près de 32.000 tonnes de miel ont été produites en France en 2020. - PRAKASH SINGH / AFP
Rarement la météo n'aura été aussi capricieuse que cette année. Un temps instable lourd de conséquences pour les agriculteurs. Après une année 2020 exceptionnelle pour le miel français, les apiculteurs sont inquiets. Selon l'Union Nationale de l'Apiculture Française (UNAF), en Île-de-France, la récolte de cette année n'atteint que 30 à 40% de celle de l'année dernière, relate Le Figaro.
Plusieurs facteurs expliquent ces mauvais chiffres. Tout d'abord le gel, survenu pendant plusieurs jours en avril a perturbé les abeilles. Avec les températures douces du mois de mars et l'éclosion des fleurs printanières, la production de miel avait déjà commencé.
Mais à cause du froid et du gel, les abeilles ont dû brutalement se reconfiner pour protéger les larves. Pour ne rien arranger, les mois suivants ont été très pluvieux. Les abeilles ne sortent plus butiner, car le nectar des fleurs est noyé et elles ne peuvent pas le récupérer.
"C'est très inquiétant, je vais avoir 10 fois de moins de miel que les autres années. Au lieu de faire 7 ou 8 tonnes, si là je peux avoir une tonne ou une tonne et demie, je serai content", confiait à France Bleu Foulques Le Tourneurs, apiculteur en Mayenne.
Des abeilles sous perfusion
Des événements inhabituels, que certains spécialistes attribuent au dérèglement climatique. "Les saisons ne sont plus en phase avec les floraisons, et on observe une alternance entre des pics de froid, des pics de pluie et des pics de chaleur", explique au Figaro Dominique Cena, apiculteur dans le Val-de-Marne et vice-président de l'UNAF.
Les apiculteurs ont dû s'adapter, en compensant par exemple avec du sirop de sucre afin d'éviter que les réserves de miel ne s’épuisent.
"Elles ont besoin de beaucoup de nectar pour maintenir la colonie et produire le surplus de miel qu’on récupère. Dire que ce miel, nous le ramassions à cette période l’an dernier dans les ruches", racontait en avril à France 3 Thomas Jacques, apiculteur en Auvergne.
Un procédé coûteux pour les apiculteurs, qui pourrait se répercuter sur les prix de vente du miel. En juin, le gouvernement avait annoncé la mise en place d'une aide d'urgence pour les agriculteurs, censée compenser les pertes liées aux épisodes de gel de début avril. Mais les apiculteurs, qui ne font pas partie des professions visées par le décret, n'ont pas pu en bénéficier.











