EDITO. Après la censure, le NFP tente de recoller les morceaux

C’est assez étonnant, mais il semble que la gauche se rende compte a posteriori des dégâts de la censure et tente désormais de réparer les morceaux.
Depuis le début, la stratégie du Nouveau Front populaire est pourtant claire : tout gouvernement non NFP doit tomber, jusqu’à la crise de régime et la destitution d’Emmanuel Macron. C’est simple.
Sauf que pas de Premier ministre, pas de gouvernement. Et qui dit pas de gouvernement dit suspension des travaux au Parlement, à l’Assemblée, comme au Sénat. Et donc blocage complet. Car on ne vote pas les lois sans la présence aux bancs des femmes et des hommes chargés de les exécuter.
Un blocage sur lequel le gouvernement prend soin d'appuyer pour montrer à quel point la censure était une mauvaise idée, quitte parfois à amplifier l’inquiétude chez les Français sur des sujets comme l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu ou la fin de l'utilisation des titres-restaurants dans les grandes surfaces, qui en réalité n'en sont pas vraiment.
Une pression politique qui semble porter ses fruits puisque depuis le début de semaine, pas moins de trois exemples sont venus montrer que le NFP tente de réparer les effets négatifs de la censure.
Jeudi, c'est la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, qui a écrit au président du Sénat Gérard Larcher pour lui demander d’inscrire la proposition de loi sur la prolongation des titres-restaurants à l'ordre du jour, malgré l'absence de gouvernement de plein exercice. "La censure du gouvernement Barnier ne doit pas empêcher le Parlement de voter des propositions de loi", écrit-elle. C'est pourtant bien le cas. Il faut assumer ses actes et leurs conséquences.
En début de semaine, c’est le chef de fil budgétaire des députés socialistes, Philippe Brun, qui a estimé qu’il était encore temps de sauver la surtaxe d’IS sur les résultats 2024, avec une loi de finances express. “Si le président nomme très vite un Premier ministre, c’est jouable”, a-t-il déclaré en commission.
Effacer l'irresponsabilité
Ou encore le président de la commission des finances, Eric Coquerel, qui jeudi a réussi à faire passer en amendement l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu, qui a sauté avec le projet de loi de finances. il l’a rétabli dans la loi spéciale contre l’avis du Conseil d’Etat. De qui se moque-t-on?
On voit bien l’enjeu politique qui est de tenter d’adoucir, d’amortir, d’effacer les conséquences les plus visibles du blocage et de la censure. La gauche essaye de fuir ses responsabilités, car elle constate que les Français ne sont pas satisfaits de cette situation.
En une semaine, plus de trente permanences NFP et RN ont été murées, recouvertes de fumier ou de déchets par les agriculteurs. Les Français n’aiment pas le bazar. Espérons que les députés le comprennent rapidement et soient plus responsables lors du prochain budget.











