Les urgences du CHU de Nice réorientent les patients en raison d'une trop forte affluence

L'accès aux urgences a été filtré ce lundi. (Illustration) - THOMAS COEX © 2019 AFP
L'hôpital à bout de souffle. Ce lundi, aux alentours de 16 heures, le service des urgences du CHU de Nice (Hôpital Pasteur II) a alerté l’Agence régionale de santé car il ne pouvait plus accueillir de nouveaux patients, a appris BFM Nice Côte d'Azur.
83 patients actuellement pris en charge
En effet, depuis ce lundi matin minuit, 230 personnes ont été accueillies dans le service, d'après le dernier décompte à 19h45. Actuellement, 82 patients, touristes ou maralpins, attendent dans le service ou sont pris en charge par un médecin.
"En 10 minutes, quatre patients sont rentrés", explique Pierre Marie Tardieux, cheffe des urgences SAMU, SMUR 06 au CHU de Nice à BFM Nice Côte d'Azur.
Une réévaluation de la situation toutes les quatre heures
Les urgences ne sont pas fermées, mais une régulation et une coordination (réorientation intelligente) vers les cinq autres hôpitaux et cliniques du département (Cannes, Antibes, Menton, la clinique Saint-George ou le Parc Impérial) sont mises en place.
L’objectif est donc de diminuer les admissions au CHU de Nice et de réorienter au maximum. Toutes les quatre heures, un point est organisé pour réévaluer la situation.
Le manque de personnel est l'une des raisons qui a poussé les équipes médicales à tirer cette sonnette d'alarme. Problèmes dans les recrutements infirmiers, arrêts maladie pour Covid-19 ou encore vacances, le manque de bras se fait ressentir. A cela, s'ajoute le faible nombre de lits.
Christian Estrosi, le maire de Nice, n'a pas tardé à réagir à l'annonce de cette mesure exceptionnelle prise au sein du CHU de la ville. "Je dénonce cette situation inacceptable, a-t-il indiqué sur Twitter. J'ai immédiatement saisi le ministre de la Santé pour que des réponses rapides et durables soient trouvées pour notre CHU."
Le maire a également fait part de sa "reconnaissance à nos soignants".
"Être malade à Nice devient un luxe"
De son côté, le secrétaire du groupement départemental Force Ouvrière Santé Michel Fuentes a affirmé "dénoncer depuis longtemps" ces problèmes.
"La semaine dernière j’ai encore alerté, le CHU de Nice voulait prendre des lits de réanimations de la clinique des Sources, j’étais le seul à m’inquiéter car on ferme des lits et on manque de personnel dans tous les services du CHU de Nice alors comment en accueillir d’autres", a-t-il souligné auprès de BFM Nice Côte d'Azur.
Le syndicaliste, qui rappelle les fermetures de lits et de services par manque de personnel, affirme que cette siutation "dramatique" est la même dans tout le département des Alpes-Maritimes.
"On est la veille du 14 juillet les plages, les restaurants sont bondés. Le CHU de Nice qui est la vitrine de la ville est en train de mourir à petit feu. Pour remercier le personnel on nous annonce le plan blanc (...) Maintenant être malade à Nice devient un luxe", fustige Michel Fuentes.
Devant cette situation Michel Fuentes a demandé à être reçu par le président du conseil de surveillance de l'hôpital ainsi que le directeur général et Christian Estrosi.













