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Les bisbilles de la CPME des Hautes-Alpes se terminent au tribunal

BFM DICI Valentin Doyen
Une salle d'audience

Une salle d'audience - Thomas SAMSON / AFP

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Sylvie Galéa, la présidente de l'organisation patronale, est mise en difficulté par d’autres administrateurs et une récente décision de justice. L’entrepreneuse de Vars n’entend pas se laisser faire. Elle a déposé plainte en août dernier pour "usurpation d’identité" et conteste formellement la légalité du conseil d’administration qui a entraîné sa révocation.

Le torchon brûle et le point de rupture semble atteint au sein de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises des Hautes-Alpes (CPME 05). Dans un jugement rendu en ce début de semaine, le tribunal de Grenoble a officiellement débouté les demandes de sa présidente Sylvie Galéa a appris BFM DICI de sources concordantes.

Depuis cet été, l’entrepreneuse de Vars conteste la tenue d’un conseil d’administration qui a voté sa révocation. Dans la foulée de cette décision en date du 2 juillet, elle avait décidé de saisir la justice.

"On peut parler de putsch puisque les administrateurs présents n’avaient aucune légitimité pour mener ce conseil. Nous ferons appel de cette décision de justice. J’ai l’agrément de la CPME et le soutien régional comme national. Je suis et reste donc la présidente de la CPME 05" indique ce jeudi Sylvie Galéa à BFM DICI.

A l’origine de ce litige qui se termine devant les tribunaux, il y a un conflit latent entre plusieurs adhérents qui ne sont définitivement plus sur la même ligne ou dans le même camp: ceux qui veulent rester séparés de l’UPE 05 (Union pour les Entreprises) et les autres qui veulent de nouveau faire cause commune.

Une assemblée générale annulée par le tribunal de Gap

Le 14 avril 2023, la CPME 05, sous l’impulsion de Sylvie Galéa, a fait savoir à l’UPE 05 qu’elle cessait toutes les relations contractuelles qui liait les deux entités.

"Historiquement, l’UPE, c’est l’addition du Medef et de la CPME. Galéa a voulu faire bande à part et cela a entraîné des conséquences", contextualise une source gapençaise qui suit ces désaccords de près.

Un mois avant ce schisme dans la vie entrepreneuriale locale, la CPME 05 avait tenu une assemblée générale ordinaire au cours duquel un tiers des administrateurs avait été renouvelé. Une assemblée contestée en interne puisque des adhérents n’auraient pas été conviés à ce rendez-vous crucial pour l’avenir de l’organisation patronale. 

"Il n’y avait que 120 adhérents sur 600, ça ne tenait donc pas debout" précise une source proche de l'UPE 05.

La justice a été saisie par des administrateurs opposés au choix de Sylvie Galéa et, au printemps 2024, le tribunal judicaire de Gap a donné raison aux contestataires en annulant l’assemblée générale de mars 2023. Ragaillardis par cette "victoire", des administrateurs de la CPME 05, Pierre-Louis Rougny en tête, ont décidé de convoquer un conseil d’administration début juillet. Conviée, Sylvie Galéa ne s’y est pas présentée. Ce jour-là, les administrateurs ont acté la fin de l’ère Galéa et enclenché de fait un nouveau rapprochement avec l’UPE 05. C’est ce conseil d’administration que Sylvie Galéa conteste devant les tribunaux.

Une plainte déposée par Sylvie Galéa

Début août, elle a déposé une plainte en gendarmerie d’Embrun pour usurpation d’identité, en l’occurrence celle de la CPME 05. L'entourage de Sylvie Galéa estime que Pierre-Louis Rougny n'avait aucune légitimité pour convoquer les administrateurs en utilisant l'entête de la CPME 05 et une adresse mail différente de celle utilisée traditionnellement par le bureau.

Pour la présidente, l'ordre du jour était imprécis et non respecté. En clair, plusieurs administrateurs, dont Pierre-Louis Rougny, n’avaient selon Sylvie Galéa pas la possibilité de mener ce conseil. Preuve qu'elle n'accorde aucun crédit à ses administrateurs frondeurs, Sylvie Galéa a mené une assemblée générale ordinaire le 5 juillet. Comme si le conseil d'administration qui s'est tenu trois jours plus tôt n'avait jamais existé.

"Lors de cette AG, l'ensemble du conseil a validé la scission avec l'UPE 05" tacle un proche de la présidente. 

Une médiation fixée ce mardi 22 octobre à Grenoble

"On agit en fonction des décisions de justice. Le dossier est sensible et nous n’avons pas envie de faire n’importe quoi. Mais Sylvie Galéa agit comme elle a en a envie. Elle est dans le déni...", regrette de son côté l’un des administrateurs frondeurs qui souhaite garder l’anonymat.

Pierre-Louis Rougny, lui, appelle "au calme et à la prudence". Et le chef d’entreprise gapençais de justifier sa position:

"Nous avons un seul objectif, au-dessus de tout: c’est l’union des chefs d’entreprises dans les Hautes-Alpes indépendamment des divergences de point de vue. Sans la CPME et le MEedef, l’UPE 05 n’aurait pas trop d’intérêt d’exister. Son intérêt, c’est l’Union pour l’Entreprise avec les deux organes les plus importants, Medef et CPME, qui représentent les branches interprofessionnelles. C’est cette union qui nous permet d’agir. Nous souhaitons la préserver".

Pierre-Louis Rougny désire à présent avancer et n’est pas opposé à une entente cordiale pour sortir de cette impasse avant d'éventuelles élections.

"Nous avons toute la légitimité pour agir comme nous le souhaitons mais nous voulons de la concertation qui est le meilleur des chemins" conclut le gapençais.

Cela tombe bien, une médiation est prévue le mardi 22 octobre prochain au tribunal de Grenoble afin de trouver une issue favorable à ce conflit. Il faudra au moins ça pour ramener un peu de sérénité au sein de la CPME 05.