Eurométropole de Strasbourg: la ZFE reste en place malgré l'amélioration de la qualité de l'air

La Zone à faibles émissions (ZFE) ne va pas disparaître dans l'Eurométropole de Strasbourg. Ce lundi 5 février, Alain Jund, vice-président de l'Eurométropole en charge des mobilités, a assuré sur BFM Alsace que la ZFE "se poursuit".
"Les politiques publiques que nous avons engagées se poursuivent parce que nous sommes dans la bonne trajectoire", ajoute Alain Jund.
Cette clarification intervient après une phrase de la présidente de l'Eurométropole, Pia Imbs auprès de nos confrères des Dernières nouvelles d'Alsace qui avait semé le doute jeudi 1er février. Cette dernière affirmait: "On peut dire que la métropole n'est plus un territoire ZFE".
La qualité de l'air s'améliore
Une déclaration qui fait suite aux bons résultats de la qualité de l'air dans l'Eurométropole pour l'année 2023. Selon des chiffres communiqués par Atmo Grand Est, les niveaux de concentration en dioxyde d’azote sont descendus en dessous de 40 microgrammes par mètre cube d'air dans l'Eurométropole. Or, il s'agit du seuil qui entraîne la mise en place d'une ZFE dans une métropole.
"En 2022, il restait une station qui était encore au-dessus" de cette valeur, a précisé Cyril Pallares, directeur opérationnel chez Atmo Grand Est, sur le plateau de BFM Alsace. Désormais, l'ensemble des sept stations de mesure de l'Eurométropole affiche des chiffres en dessous du seuil réglementaire concernant le dioxyde d’azote.
"C'est un très bon signe et c'est aussi, peut-être, le résultat des politiques publiques qui ont été menées pendant deux ans", souligne Alain Jund, vice-président de l'Eurométropole en charge des mobilités.
Pour Atmo Grand Est, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse de la pollution de l'air. "Il y a eu un effet météo avec un automne propice à la diminution des polluants avec les fortes pluies, mais ça ne suffit pas à expliquer l'ampleur", explique Cyril Pallares auprès de BFM Alsace.
D'autres phénomènes "de fond" entrent en compte comme la baisse du trafic routier sur les axes strasbourgeois, l'entrée en service du Grand contournement ouest de Strasbourg et le recours aux transports en commun.
"Continuer sur cette trajectoire"
Désormais, Alain Jund appelle à "ne pas baisser les bras et continuer sur cette trajectoire". Les politiques mises en place par l'Eurométropole sur la ZFE vont se poursuivre "notamment jusqu'à une évaluation attendue à l'été".
Il précse que les normes européennes vont être durcies "dans les prochains mois", notamment sur le seuil de concentration en dioxyde d’azote pour descendre à 20 microgrammes par mètre cube d'air et "les normes de l'OMS sont à 10", ajoute-t-il.
"Le projet de directive est en cours de discussion et devrait sortir mi-juin", précise Cyril Pallares en assurant que la mise en place de ce nouveau seuil ne serait prévue qu'en 2030. "Il faut anticiper ces valeurs-là", confirme-t-il. "Tout microgramme gagné, ça vaut le coup pour la santé."
Pour faciliter l'accompagnement des habitants de l'Eurométropole, notamment pour acheter un véhicule moins polluant, Alain Jund annonce "renforcer" les moyens de l'Agence du climat, alors que les délais d'attente pour avoir un rendez-vous sont aujourd'hui de six mois. "Il faut avoir des réponses en deux ou trois mois", ambitionne le vice-président de l'Eurométropole en charge des mobilités.













