Législatives: Marion Maréchal veut une coalition allant de "Reconquête" au courant LR de Ciotti

Eric Zemmour aux côtés de Marion Maréchalà Moissac, le 12 mars 2022. - Valentine CHAPUIS © 2019 AFP
C'est une invitation, et presque un avertissement. Dans un entretien qu'elle a accordé à Nice Matin dans l'édition parue ce jeudi, Marion Maréchal a dit son souhait de mettre sur pied une "grande coalition" entre le camp d'Eric Zemmour, qu'elle a rallié le 6 mars dernier dans le cadre de la présidentielle, et le courant d'Eric Ciotti au sein des Républicains. Et ce, "dès les législatives".
Si elle évoque une qualification au second tour de son champion, Marion Maréchal envisage surtout l'après-présidentielle. Elle en attend une explosion des appareils, une "accélération de la recomposition politique" amenant cette "union des droites" qu'elle appelle de ses voeux. Elle détaille ainsi son calcul à Nice Matin: "Si Zemmour est qualifié pour le second tour, il y aura une accélération de la recomposition de la vie politique et une clarification probablement définitive au sein des Républicains."
Maréchal appelle Ciotti à "la cohérence"
S'adressant ce jeudi à travers les colonnes du quotidien azuréen au député élu dans ces terres des Alpes-Maritimes, Marion Maréchal prévient: "Alors se posera la question de la cohérence pour tout ce courant, porté par exemple par Eric Ciotti, minoritaire au sein de la direction, mais pas au sein des militants".
Marion Maréchal insiste encore: "Il y aura une clarification, le moment de vérité. J'espère qu'Eric Ciotti et d'autres en tireront les conséquences et qu'à partir de là on pourra construire avec lui, avec eux, quelque chose en commun et ce dès les législatives dans le cadre d'une grande coalition."
Marion Maréchal salue une "volonté transformée en réalité politique"
En ouverture de cet entretien, Marion Maréchal revient à nouveau sur les raisons qui l'ont amené à rallier Éric Zemmour, et à délaisser la candidature présidentielle de sa tante Marine Le Pen. Une alliance murmurée de longue date et un secret de polichinelle que Marion Maréchal a éventé le 6 mars dernier en rejoignant l'ex-chroniqueur télé à son meeting de Toulon. Elle explique d'abord à Nice Matin qu'il s'agissait en premier lieu d'une question d'honnêteté vis-à-vis de ses propres positions.
"J'ai retrouvé chez lui la ligne économique, européenne et identitaire que je défendais déjà à l'époque au sein du Rassemblement national. Une ligne pas toujours entendue d'ailleurs. Et, disons-le même, souvent combattue", retrace-t-elle.
Puis, le thème de l'union des droites refait son apparition: "J'ai retrouvé chez lui une volonté de rassembler les droites de manière très claire. J'ai considéré qu'il y avait un espace politique vide et qu'Eric Zemmour était en capacité de le remplir".
"Et puis, il a réussi à transformer cette volonté en réalité politique au sein de son électorat: la moitié vient du RN et de LR et il y a une part notable d'abstentionnistes", poursuit-elle avant d'ajouter: "Et il a réussi à ébranler le cordon sanitaire entre 'fréquentables' et 'infréquentables' qui séparait les électorats de manière artificielle".
Sur les plateaux de télévision comme dans ses essais - et avant même d'entrer directement en politique - Éric Zemmour n'a jamais fait mystère de son désir d'une union des droites, bâtie sur le modèle RPR des années 1990, dont il a notamment loué la dureté du discours sur l'immigration.












