Prix de l'immobilier, nouvelle concurrence... À Pigalle, les sex-shops se font de plus en plus rares

Il fut l'endroit incontournable. Désormais à Pigalle, dans le 9e arrondissement de Paris, l'hégémonie des sex-shops semble loin de la période des années 80 au début du millénaire.
Une situation causée par plusieurs facteurs, notamment l'avènement de l'achat sur Internet, mais aussi l'évolution du prix locatif dans le quartier.
"Mais monsieur, sur Internet c'est moins cher"
Aujourd'hui, à Paris, il n'en reste que 65, contre 132 en 2005 et la majorité se concentre à Pigalle. Sur le boulevard de Clichy, quelques commerces résistent donc. Mais certains propriétaires ont conscience que le déclin va se poursuivre.
"Il y a Internet qui prend une grosse part de marché, chez tout le monde", souffle l'un d'entre eux au micro de BFMTV.
L'homme, en pull gris, accoudé à un portant rempli de lingerie, arrive à peine à rémunérer son salarié à mi-temps.
"Les gens viennent ici et me demandent 'Est-ce que vous avez cette marque-là?'. Ils voient le prix et ils me disent 'Mais monsieur, sur Internet c'est une fois en moins le prix, ce n'est pas possible, vous êtes cher ici'", ajoute-t-il.
Première raison: le prix de l'immobilier
Auparavant temple de la fête et de la luxure, le quartier a perdu de son folklore. Première raison, le prix de l'immobilier dans le 9e arrondissement, désormais très prisé.
"Les prix de l'immobilier sur la butte Montmartre et Montmartre adjacent, ça a flambé", admet Stéphane Cachelin, vice-président de l'association des commerçants Lepic Abesses et rues adjacentes au micro de BFMTV.
Et quelques commerçants misent sur la baisse de fréquentation des sex-shops. "Certains propriétaires sont très sollicités par des pharmacies, des opticiens", précise-t-il.
Autour du boulevard de Clichy, des grandes enseignes se sont implantées en leur lieu et place. "Strabucks, c'était un sex-shop, Five Guys, c'était un sex-shop aussi", pointe Stéphane Cachelin.
L'arrivée d'une nouvelle concurrence
Les prix de l'immobilier dans le quartier ne semblent pas être la raison principale de ce déclin. Dans ces achats demeure aussi une certaine gêne. C'est en tout cas ce que croit un riverain interrogé. "Les gens ont peur d'être jugés du fait de rentrer dedans et du regard de ressortir avec un sac", admet-il.
Mais c'est aussi et surtout, l'arrivée d'une nouvelle concurrence, qui souhaite se détacher de l'image du sex-shop. Dans les rues de la capitale, s'ils se comptaient sur les doigts d'une main il y a quelques années, les magasins de l'enseigne Passage du désir fleurissent. Sept d'entre eux sont répartis dans la capitale, et un en banlieue parisienne.
"Une des particularités des boutiques, c'est de ne pas avoir d'images pornographiques", précise Olivier Prapant, directeur de magasin Passage du désir à BFMTV.
Et d'ajouter: "On est vraiment sur une dédramatisation de cet univers, sans le banaliser". Alors que d'autres sex-shops continuent de fermer leur porte, l'enseigne a prévu d'en ouvrir trois autres en 2024.











