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"Nous vivons une tragédie exceptionnelle": un drapeau de la Palestine hissé sur la mairie de Thoard

BFM DICI Ugo Marseille
Le drapeau palestinien hissé sur la façade de la mairie de Thoard

Le drapeau palestinien hissé sur la façade de la mairie de Thoard - Ugo Marseille

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Après la reconnaissance de l'État de Palestine par la France devant l'assemblée de l'ONU, une centaine de mairies partout en France ont pavoisé leur façade du drapeau palestinien. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, au moins trois communes ont fait de même: les Mées, Reillane et Thoard. A Thoard justement, l'initiative a été plutôt bien reçue par la population.

Sous le soleil d'automne, une dizaine de clients sont attablés en terrasse des cafés, dans le centre de Thoard. Le drapeau palestinien installé sur le fronton de la mairie juste en face est dans toutes les conversations. Mais lorsqu'on leur demande leur avis sur cette initiative, beaucoup se contentent d'un prudent "c'est compliqué". 

Rares sont ceux qui se mouillent davantage. C'est le cas de Hervé. Originaire de la région niçoise, le gérant du café Le France soutient la démarche, même s'il regrette que les enjeux nationaux effacent parfois les sujets plus locaux.

"Je suis complètement pour que la France reconnaisse l'Etat palestinien", dit-il. "Là-bas il se passe un génocide. On doit faire quelque chose. Mais avant de se préoccuper de ce qui se passe ailleurs, on devrait se préoccuper de ce qui se passe près de nous, en France et à Thoard".

"A notre petite échelle, on fait ce qu'on peut"

De passage en moto avec des amis, Laurent profite d'une pause au cœur du village avant de se rendre vers le Verdon. Pour lui, le pavoisement du drapeau palestinien est une bonne idée. Il regrette cependant que d'autres peuples en lutte pour leur liberté ne soient pas présents au même titre. "Ça ne me choque pas du tout, c'est vraiment un sujet d'actualité. Par contre, il reste un emplacement à côté, j'aurais bien vu un drapeau ukrainien juste à côté."

De l'autre côté des murs, Denis Baille est au travail sur ses dossiers communaux. Arborant un pin's siglé "Gaza, silence on tue", le maire de la commune assume son choix. "Je pense que nous vivons une tragédie exceptionnelle", explique-t-il, "un carnage épouvantable. Notre sens de l'humanité ne peut pas nous laisser indifférents. Nous réclamons des positions politiques fermes pour arrêter ce désastre, que notre chef de l'Etat fasse respecter le droit international. À notre petite échelle, on fait ce qu'on peut avec les moyens qu'on a". 

Un pavoisement "contraire au principe de neutralité du service public"

Dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, ce sont au moins trois mairies qui ont hissé le drapeau palestinien. La préfecture a adressé un courrier aux communes concernées. Elle rappelle qu'un "tel pavoisement est contraire au principe de neutralité du service public. Comme l’a jugé le conseil d’État, ce principe, corollaire du principe de laïcité, s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques. De plus, la conduite de la politique internationale de la France relève de la compétence exclusive de l’État. Ainsi, un tel pavoisement, qui est une prise de parti dans un conflit international, constitue une ingérence contraire à la loi."